renovation immeubles

Contrairement à l'idée reçue selon laquelle le ravalement est un travail mineur de simple propreté, le ravalement de façade est une opération importante permettant d'améliorer, rénover, protéger et valoriser un immeuble.

Le choix d'un professionnel spécialisé tel que l'architecte s'impose du fait de la grande variété des matériaux rencontrés au niveau de la structure (béton armé, pierre de taille, moellons, brique pleines ou creuses, métal, bois, pavés de verre..), des enduits qui les recouvrent (ciment, chaux hydraulique artificielle, chaux hydraulique naturelle, chaux aériennes, plâtre, mortier bâtard, traditionnel ou prédosé..), des éléments scellés ou collés (brique de parement, carreaux de grès cérame, pâte de verre..), des éléments rapportés (isolation thermique par l'extérieur, bardages pierre, bois, aluminium, verre, composite..), des revêtements (hydrofuge, peinture à film mince, revêtements semi-épais, revêtements plastiques épais ou RPE, revêtements d'imperméabilité I1, I2, I3 et I4..).

A ces contraintes s'ajoutent les défauts de construction, différents sur chaque façade, l'orientation, les désordres (encrassement, éclat de maçonnerie, développement de micro-organismes, changement de teinte, micro-fissure, fissure, lézarde, faïençage, efflorescence, farinage, cloquage, corrosion des aciers, décollement, écaillage, apparition de spectres, ..), le type d'agression (pollution, humidité, thermique..), la typologie de la façade (balcons, bandeaux filants, ornements, nombre de croisées..), le contexte (secteur classé, prescription administrative, rénovation globale du bâtiment..) ainsi que l'état de l'immeuble (couverture, fondation, équipement sanitaire..).

 

1) Ravalement d'une façade en pierre de taille

La pierre de taille est « une pierre aux pans soigneusement dressés et aux arêtes vives, dont la mise en œuvre donne une maçonnerie à joints fins et réguliers » selon Jean-Marie Pérouse de Montclos.

Les façades en pierre de taille apportent une véritable richesse à l'immeuble lorsqu'elles sont bien entretenues.

Cependant il n'est pas rare de voir une façade en pierre définitivement dégradée suite à une opération de ravalement ratée (reliefs atténués, porosité accentuée, calcin agressé, mauvaise couleur de joint, raccords inesthétiques..).

Le diagnostic préalable est une étape indispensable pour mener à bien une opération de ravalement.

Celui-ci comprendra une reconnaissance du support (type de pierre, dureté, porosité, état du calcin, resistance au gel..), une étude des points faibles (problèmes structurels, absence de recouvrement sur les parties horizontales, mauvaise évacuation des eaux de ruisselement, présence d'un revêtement silicaté..) et une réponse adaptée à chacune des problématiques soulevées.

Ce n'est qu'une fois ce diagnostic réalisé que l'appel d'offres auprès des entreprises pourra avoir lieu sur la base d'un descriptif unique et adapté à la façade rencontrée.

Des solutions telles que la retaille, le remplacement de pierres en incrustation ou en "tiroir", la reprise des éclats au mortier de chaux aérienne avec poudre de pierre, l'hydrogommage, le sablage hydropneumatique, la reprise des joints, le gommage à sec, la minéralisation, l'hydrofugation, le recouvrement en plomb des balcons, la protection des parties saillantes par du zinc pourront être envisagées selon le cas.

2) Ravalement d'une façade en pierre mince attachée

Les façades en pierre mince attachée sont constituées de plaques de pierres indépendantes les unes des autres, déportées du nu extérieur du mur par des attaches inoxydables fixées ou scellées dans la maçonnerie.

Il est possible d'intercaler entre la lame d'air ventilée de quelques centimètres située derrière la pierre et le support en maçonnerie une isolation thermique et/ou une étanchéité pour améliorer les qualités de la paroi.

Ce système constructif est apparu dans les années 1950 et a été posé jusqu'en 1979 sans règle de construction.

A partir de 1979, le DTU 55.2 "revêtements muraux attachés en pierre mince" a régementé la technique de pose et réduit considérablement le nombre de désordres.

Ce DTU décrit trois types de pose autorisés :

Les plaques de pierres minces montées sur agrafes métalliques avec polochon

Les plaques de pierre minces maintenues par des attaches métalliques sans polochon

Les plaques de pierre minces fixées sur une ossature intermédiaire

Aujourd'hui les agrafes métalliques avec polochon sont de moins en moins utilisées compte tenu du nombre important de sinistres enregistrés du fait de l'interdépendance des dalles rendue possible par les polochons.

Sont donc privilégiés les attaches métalliques sans polochon sur les parois solides et uniformes et les ossatures intermédiaires dans les autres cas. 

Parmi les pathologies rencontrées sur ce type de revêtement, citons dans un premier temps les plus graves : les pierres clivables (ardoises, schistes..) qui se séparent dans leur épaisseur sont aujourd'hui interdites, les matériaux sensibles à la décohésion granulaire comme certains marbres qui se déforment et/ou se fissurent sont aujourd'hui également interdits, les imperfections naturelles des pierres peuvent créer des points faibles de diverses natures (stylolites..), le non respect des joints de fractionnement dans la pose avec polochon peut entraîner des contraintes entre les plaques de pierre, le bricolage trop souvent constaté des points singuliers tel que la pose collée des plaques de pierre sur les tableaux et sous-face de linteaux entame la durabilité du complexe, les attaches ou les agrafes peuvent présenter des faiblesses mécaniques liant les pierres les unes aux autres ou une corrosion inappropriée qui les fragilise, les cassures au niveau des attaches liées à une pose indélicate, la trop grande finesse des joints qui pousse parfois les pierres les unes contre les autres, l'éclatement des pierres dû à la corrosion des fils d'attaches utilisée dans la pose de revêtements avec polochon, les décrochements des fixations liés à une résistance insuffisante du support maçonné, l'oubli des cales qui ont permit le réglage des pierres après la pose, la fixation d'une même plaque de part et d'autres d'un joint de dilatation, etc.

Parmi les pathologies d'ordre esthétique, citons : les éclats superficiels générés par des chocs, les tâches engendrées par la migration de mastic-silicone appliqué autrefois autour des ergots fixes,  les coulures occasionnées le plus souvent par l'absence de protection haute, les auréoles qui apparaissent du fait de l'absence ponctuelle de lame d'air, l'encrassement lié à la pollution, etc.

Le diagnostic est une phase essentielle et doit être mené par un homme de l'art.

Les pathologies graves peuvent amener l'architecte à choisir dans certains cas d'effectuer un remplacement ponctuel si le problème est localisé ou un remplacement total si le problème est généralisé.

Le remplacement total peut être accompagné de la mise en place d'une isolation thermique performante et donc économique à moyen terme pour les propriétaires.

Les pathologies d'odre esthétique peuvent être traitées lors d'une opération de ravalement comme la réparation des éclats superficiels à l'aide de mortier spéciaux additionnés de résine, l'amélioration des protections hautes, la pose d'oreilles latérales pour éviter la réapparition des moustaches, le nettoyage à sec de la pierre (microfinage à sec ou sablage léger) pour lutter contre l'encrassement, le ponçage des parties trop encrassées suivies d'une minéralisation de la pierre, l'élimination des tâches engendrées par la migration de mastic-silicone grâce au procédé "Stop Graff", l'hydrofugation des pierres perméables à l'eau ou subissant un encrassement très rapide, etc.

3) Ravalement d'une façade en pierre massive de type moellons

Chapitre à paraître prochainement

4) Ravalement d'un mur pignon en moellons

Les murs pignons constitués de moellons sont des façades généralement solides et respirantes ne nécessitant pas un ravalement fréquent.

Cependant il n'est pas rare de voir au bout de plusieurs dizaines d'années la pierre attaquée par la pollution entraînant des changements de couleur et des desquamations.

La pollution attaque le calcin, la couche protectrice de la pierre.

Une fois que la pierre n'est plus protégée par son calcin, la pollution pénètre le coeur de la pierre fragilisant à terme la structure de l'immeuble.

Il convient donc de ravaler les murs pignons en moellons de manière préventive et ce dans le but de conserver le calcin.

Le ravalement, lorsqu'il est réalisé de manière préventive, consiste en un simple nettoyage à faible coût.

Lorsque le calcin est dégradé, il convient de procéder à un nettoyage plus agressif afin d'évacuer les particules responsables des dégâts puis reminéraliser la pierre afin de lui reconstituer une enveloppe dure protectrice.

Ce travail s'accompagne parfois de la réfection des joints lorsque ces derniers le nécessitent.

Le type de nettoyage ainsi que la nature des joints à mettre en place dépendent de nombreux facteurs (type de pierre, état de la pierre, orientation du mur, nature des joints en place, risques d'infiltrations intérieures, etc.) et nécessitent donc l'analyse d'un professionnel indépendant qui préconisera la meilleure solution et guidera l'entreprise en charge du ravalement.

Lorsque la pierre est dégradée en profondeur, des prélèvements doivent être réalisés sous la direction d'un architecte afin de connaître l'origine des causes et définir le remède le mieux adapté. 

5) Ravalement d'une façade en brique d'argile

La brique d'argile est un parallélépipède obtenu en faisant cuire de la terre argileuse dans un fourneau.

C'est un matériau très ancien et très robuste qui a la faculté de résisiter à l'usure du temps, de s'adapter aux déformations du mur et d'être facile d'entretien.

La brique d'argile est très utilisée en façade de manière apparente ou cachée sous un corps d'enduit.

La plupart du temps, les éléments qui l'accompagnent sont en moins bon état que la brique elle-même (joints, encadrements en pierre, fausse pierre ou plâtre, modénatures, scellements, décorations en céramique, recouvrements des parties saillantes, enduit, etc.).

Le diagnostic devra porter sur la nature des joints, l'état des briques, leur degré d'encrassement ainsi que l'état des éléments rapportés.

Recouvrir des briques saines de peinture est un non sens puisque la brique est très agréable à regarder et que son maintien en bon état nécessite beaucoup moins d'effort que celui de la peinture.

Le décapage chimique des peintures rapportées sera donc préféré en cas de ravalement.

Le nettoyage des briques apparentes sera fonction de la fragilité de l'épiderme et de son niveau d'encrassement : un simple nettoyage moyenne pression peut suffire  à leur redonner vitalité, ce procédé peut être complété par une température plus élevée de l'eau utilisée ou par l'ajout au lavage d'un savon neutre, une projection à sec de micro-particules exemptes de silice est souvent préconisée que ce soit depuis un échafaudage ou par le procédé Thomann-Hanry et dans le cas d'une façade fortement encrassée, un nettoyant légèrement acide peut s'avérer nécessaire.

Le nettoyage par ruisselement d'eau ainsi que le sablage à sec sont déconseillés car dans le premier cas les risques d'infiltration sont trop importants et dans le second l'abrasion trop forte. 

Une fois nettoyée, la brique peut être recouverte d'un hydroguge compatible avec les joints.

Pour les façades en brique recouvertes d'enduit, il est primordial de s'assurer avant piochage total ou même partiel de l'enduit que les murs soient suffisamment solidespour ne pas provoquer des fissures à l'intérieur des appartements car les murs en brique sont parfois peu épais.

Il convient également de s'assurer que l'enduit à projeter est compatible avec les joints des briques et de désolidariser systématiquement les bois et métaux du corps d'enduit car ces matériaux se dilatent de manière différente.

Choisir le bon procédé ne peut se faire sans l'aide d'un professionnel qui saura adapter les différents moyens mis à sa disposition au cas unique de la façade considérée.

6) Ravalement d'une façade en brique silico-calcaire

La brique silico-calcaire est un matériau industriel du début du siècle dernier composé de chaux, de sable et d'eau, coulé dans des moules, puis pressés et cuits.

La tenue dans le temps des façades composées de brique silico-calcaire dépend essentiellement des conditions de fabrication ainsi que de sa mise en oeuvre.

Ce matériau n'étant plus fabriqué aujourd'hui, le conserver et le mettre en valeur est un devoir non seulement esthétique mais également historique.

Tout sera donc mit en oeuvre pour préserver la personnalité et l'originalité de la façade.

Il pourra selon le cas être envisagé le remplacement des briques défectueuses par des briques provenant de la démolition d'un édifice de même type, des raccords au mortier de chaux, un lavage par projection de micro-particules exemptes de silice, une minéralisation et/ou hydrofugation, etc.

L'épiderme de ce type de façade étant fragile, il est déconseillé de procéder au lavage par voie d'eau sous pression.

Le choix d'un professionnel qualifié devra être privilégié pour faire une reconnaissance du support, diagnostiquer l'état de la brique et définir le mode opératoire le mieux adapté.

7) Ravalement d'une façade enduite au plâtre

Bien que respectant les règles de la construction, le plâtre n'est pas l'enduit le mieux adapté pour recouvrir une façade car il garde l'humidité et ne favorise donc pas la respiration du mur, condition essentielle pour le maintien en bon état de la maçonnerie.

L'association plâtre - pans de bois peut même s'avérer catastrophique car le bois au contact du plâtre humide se dégrade et n'assure plus sa fonction structurelle.

Dans le cas d'un enduit plâtre non adhérent (sonnant le creux) sur plus de 30% de sa surface, il est conseillé de faire tomber l'enduit en totalité et d'appliquer un nouvel enduit plus respirant (enduit à la chaux, plâtre et chaux, chanvre et chaux ou bâtard) afin d'alléger le coût du ravalement, assainir la maçonnerie grâce à de meilleurs échanges hygrothermiques et obtenir une garantie décennale.

Dans le cas d'un enduit plâtre sain ou sonnant le creux de manière limitée (iinférieur à 30% de sa surface), le ravalement pourra consister à réparer l'enduit en place en sondant l'ensemble de sa surface, en piochant les parties dégradées ou sonnant le creux, en appliquant un enduit plâtre de réparation, en traitant les points singuliers (tels que le traitement anticorrosion des aciers, le recouvrement des parties saillantes..) et en protégeant l'enduit par un revêtement respirant de type peinture microporeuse, lait de chaux aérienne teinté à l'aide de pigments naturels, etc. 

Il convient d'éviter de recouvrir les enduits plâtre par des revêtements imperméables de type peinture I1, I2, I3 et I4 qui limiteront fortement les échanges hygrothermiques de l'enduit.

Le remplacement ou le recouvrement d'un enduit plâtre par un système d'isolation thermique par l'extérieur est souvent risqué : les enduit minéraux isolants ne sont en effet pas compatibles avec le plâtre même en très faible quantité et l'isolation de type PSE collé sur l'enduit abaisse la respiration du mur.

8) Ravalement d'une façade enduite au ciment

Nombreuses sont les façades enduites au ciment.

L'enduit ciment recouvre généralement des supports en brique, moellons ou béton. 

Lors d'une étude de ravalement, la première question que se pose l'architecte est l'état de l'enduit : globalement mauvais, ponctuellement dégradé ou simplement encrassé.

Dans le premier cas, si l'enduit n'est pas adhérant sur au moins 30% de sa surface, il convient de remplacer l'enduit en totalité pour diminuer le coût, éviter les surprises, profiter d'une assurance décennale et dans certains cas appliquer un enduit plus adapté à la façade notamment en terme d'échange hygrothermique (enduit à la chaux, plâtre et chaux, bâtard, etc.).

Dans le cas d'un immeuble avec des éléments structurels en bois (planchers, linteaux..), il convient de vérifier l'état sanitaire de ces derniers avant de réaliser le nouvel enduit car l'enduit ciment ne permet pas une respiration satisfaisante du mur et accélère le pourrissement des pièces de bois.

Dans le deuxième cas, il sera réalisé un sondage minutieux de l'ensemble des surfaces afin de détecter les zonnes non adhérentes ou sonnant le creux. Les parties vétustes feront l'objet de raccords d'enduit ponctuels et compatibles avec l'enduit existant. Ces reprises seront visibles et nécessiteront l'application d'un revêtement pour uniformiser l'ensemble (peinture microporeuse, revêtement plastique épais, revêtement imperméable de classe I1, I2, I3 ou I4, peinture pliolite, isolation thermique par l'extérieur, enduit monocouche, etc.).

Si l'enduit ciment est simplement encrassé ou si son revêtement est vieillissant, il convient de décaper les revêtements existants, procéder au nettoyage adapté selon le degré d'encrassement et l'état des menuiseries (projection d'eau froide ou chaude sous pression, ajout éventuel de savon neutre puis rinçage à basse pression, projection de micro particules exemptes de silice, procédé Thomann-Hanry, etc.), pulvériser un produit anticryptogamique puis recouvrir la façade en fonction de l'aspect et des performances recherchées (peinture microporeuse, RPE, peinture impérméable de classe I1, I2, I3 ou I4, peinture pliolite, isolation thermique par l'extérieur, enduit monocouche, etc.).

Le diagnostic est un élément indispendable à la réussite du ravalement, c'est à ce stade que l'architecte définira l'état de la structure, de l'enduit, des éléments rapportés ainsi que des protections.

Grâce à ce diagnostic, il proposera la solution technique la mieux adaptée et réalisera un appel d'offres sur la base d'éléments comparables.

A quoi servirait de réaliser un nouvel enduit sur une structure en mauvais état ou recouvrir de peinture un enduit existant si celui-ci de décolle quelques années après.

Le ravalement de façade est l'une des causes les plus importantes de sinistre chez les entreprises en bâtiment.

9) Ravalement d'une façade enduite à la chaux

Chapitre à paraître prochainement

10) Ravalement d'une façade enduite au mortier bâtard

Chapitre à paraître prochainement

11) Ravalement d'une façade enduite au mortier imitation pierre

Chapitre à paraître prochainement

12) Ravalement d'une façade enduite au "ciment-pierre"

Chapitre à paraître prochainement

13) Ravalement d'une façade recouverte d'un enduit d'un autre type

Chapitre à paraître prochainement

14) Ravalement d'une façade en béton brut

Les façades en béton brut apparaissent au début du XXème siècle et se développent de manière significative après 1950.

Les bétons architectoniques ou "beaux bétons" comme on les appelle peuvent parfois prendre l'aspect "bois" des banches qui ont servi au coulage, être blancs (très en vogue dans les années 70-80) ou prendre l'aspect de panneaux à base de gravillons lavés.

Leur principale faiblesse sont les armatures en acier souvent trop proches du nu extérieur de la façade qui sous l'action des pluies acides liées à la pollution atmosphérique et la diminution de l'alcalinité du béton qui les protégeait à l'origine, se corrodent, augmentent de volume et font éclater le béton.

Lorsque des désordres de ce type apparaissent, il convient de réaliser le ravalement au plus vite sans quoi les désordres se multiplient de manière exponentielles.

En effet, l'apparition de fissures ou d'éclats expose les armatues de manière encore plus significative aux eaux de pluie ce qui accélère très nettement leur dégradation et par voie de conséquence le prix du ravalement à venir.

Le ravalement consistera à nettoyer la paroi (eau, gommage, mico-sablage..), sonder le support afin de piocher les parties dégradées ou sonnant le creux, brosser et traiter à l'aide d'un revêtement anti-corrosion les aciers mis à nu, réparer les éclats de béton à l'aide d'un mortier adapté, traiter les fissures, éventuellement effectuer un ragréage de surface, uniformiser si nécessaire l'aspect extérieur avec une lasure et protéger la face extérieure du mur contre les pluies acides.

Pour les bétons à base de gravillons lavés, il existe des procédés de finition spécifiques, à base de micro-bétons qui permettent de réaliser des réprarations très peu visibles.

Dans le cas d'une façade que l'on souhaite conserver en béton brut, il sera appliqué un hydrofuge qui permet la respiration du mur.

Dans le cas où l'on souhaite recouvrir la façade pour des raisons esthétiques ou thermiques, de nombreuses possibilités existent ayant chacune des avantages et des inconvénients : peinture microporeuse, RPE, peinture imperméable de classe I1, I2, I3 et I4, peinture pliolite, isolation thermique par l'extérieur, enduit monocouche, etc.

Le choix devra être fait en fonction des particularités du bâtiment, des souhaits du maître d'ouvrage, de l'accord de la mairie et souvent des architectes des bâtiments de France ainsi que du budget alloué au ravalement.

La plupart du temps, le ravalement consiste à restaurer l'aspect d'origine, symbole d'une époque et véritable identité de l'ouvrage.

Réaliser l'étude du ravalement par un architecte spécialisé, c'est la garantie d'obtenir un diagnostic pertinent de la façade ainsi qu'une réponse adaptée à chaque situation.

Il peut être déconseillé dans certains cas d'ajouter une isolation thermique par l'extérieur ou un revêtement d'imperméabilité alors que dans d'autres cas, l'application de ces produits sera au contraire conseillée.

De même, il convient de s'assurer dans ce type d'immeuble que l'architecte qui a conçu l'immeuble a son origine, ne s'oppose pas à son changement d'aspect car son oeuvre est protégée.

Pour en savoir plus sur le traitement des bétons anciens, consultez l'article paru en février 2015 dans "Les Cahiers Techniques du Bâtiment" auquel notre cabinet a apporté sa contribution en cliquant ici.

15) Ravalement d'une façade peinte

Les façades recouvertes de peinture sont les plus répandues.

Nous ne parlerons ici que des peintures sur supports sains et plans, les supports présentant une pathologie étant décrits dans les autres chapitres.

Il existe de nombreuses peintures présentant chacune des caractéristiques très différentes, citons entre autres choses les peintures pliolithe, acrylique, minérale, siloxane et imperméable.

Le diagnostic de façade doit permettre non seulement de reconnaître le type de peinture mais aussi de déterminer son épaisseur et son adhérence au support.

Souvent les façades peintes présentent de nombreuses couches de peinture : le décapage est obligatoire, quel que soit l'état de conservation de la peinture, lorsque l'épaisseur du film de peinture est supérieur ou égal à 300 microns.

Le décapage est également obligatoire lorsque le revêtement peinture est dégradé (farinage, cloquage, faïençage..) ou que son adhérence au support n'est pas suffisante.

L'on mesure l'adhérence au support en découpant le revêtement à l'aide d'un cutter de façon à obtenir un maillage régulier et peu espacé. Si les carrés de peinture obtenus se décollent, l'on considère que le revêtement n'est pas adhérant.

Il découle de ce qui vient d'être dit que la peinture en place doit la plupart du temps être décapée.

Le décapage peut être chimique, mécanique par ponçage, thermique par brûlage ou simplement réalisé par projection d'eau.

Dans le cas d'un revêtement existant en bon état, adhérant à son support et inférieur à 300 microns d'épaisseur, il peut être envisagé de repeindre directement par dessus après avoir appliqué une couche d'impression ou fixateur sur l'ensemble des surfaces.

Le choix de la peinture dépendra du type de rendu et des caractéristiques.

Les peintures acryliques et pliolithe sont les plus courantes mais de nouvelles peintures de type siloxanes résistent mieux aux polluants.

D'autres peintures, plus épaisses, permettent de créer un aspect "matière" beaucoup plus raffiné : c'est le cas des peintures imperméables de classes I1, I2, I3 et I4 qui présentent une forte élasticité et une consistance qui empêche l'eau ruisselante de pénétrer dans le support.

Seul le système I1, dont l'épaisseur est de 200 microns, peut être maintenu en place si son état de conservation le permet.

Le système d'imperméabilité de classe I3 permet de par son élasticité de résister à une fissuration du support jusqu'à 1 mm et le système d'imperméabilité I4 de résister à une fissuration du support jusqu'à 2 mm grâce au marouflage d'une toile d'armature.

Ces deux derniers systèmes présentent également l'intérêt de posséder une garantie de bonne tenue décennale (10 ans) alors que les autres peintures ont une garantie de bonne tenue biennale (2 ans).

Attention toutefois à l'application de ce système qui est assez contraignant et qui augmente parfois la condensation sur la face intérieure des murs "froids".

16) Ravalement incluant une isolation thermique par l'extérieur

Avec la hausse du prix de l'énergie, le domaine de l'isolation thermique par l'extérieur, aussi appellé ITE,  est en pleine expansion ce qui implique une variété de plus en plus grande des solutions proposées par les industriels mais aussi une multiplication des mauvaises pratiques.

L'isolation thermique par l'extérieur n'est pas une solution miracle sans conséquence sur le bâtiment : elle doit donc faire l'objet d'un diagnostic précis.

La première question qui se posera à l'architecte en charge de l'étude du ravalement sera de savoir si le bâtiment est adapté pour recevoir une isolation thermique par l'extérieur (respiration du mur, aération des locaux, nature du support, valeur esthétique de la façade à recouvrir, complexité de la façade, etc.).

Dans certains cas, l'isolation thermique par l'extérieur ne sera pas conseillée (renouvelemment d'air insuffisant à l'intérieur des appartements, support recouvert d'un enduit non respirant ou gardant l'humidité, présence de pans de bois, beauté de la façade notamment les façades en pierre de taille, trop nombreuses modénatures rendant le ravalement moins efficace et plus onéreux, etc.).

Dans la plupart des cas, la mise en place d'un système d'isolation thermique par l'extérieur est possible mais il convient de choisir la solution la mieux adaptée parmi les nombreuses solutions proposées par les fabricants : isolants de type polystyrène expansé (PSE), laine de roche ou mousse résolique recouverts de revêtements ou d'enduits minces, enduits isolants à base de billes de polystyrène expansé, vêtures isolantes, isolants thermiques recouverts d'un bardage, blocs de ciporex recouverts d'un enduit chaux de Saint-Astier, procédé isothentic, etc.

Dans certains cas, un enduit chanvre et chaux sera préféré à une isolation thermique par l'extérieur pour sa compatibilité avec le plâtre, sa capacité à laisser respirer le mur et/ou les pans de bois, son aspect traditionnel et sa composition naturelle facilement recyclable.

Une isolation thermique mal adaptée peut nuire à la santé des occupants et de l'immeuble.

Le choix du complexe ainsi que la surveillance de sa mise en oeuvre devra donc être assurée par un professionnel qualifié.

17) Ravalement sur une isolation thermique existante

Les isolations thermiques par l'extérieur (ITE) posées il y a 10, 20 ou 30 ans présentent différentes pathologies allant du simple encrassement au décollement des panneaux isolants en passant par la dégradation en profondeur des différentes couches d'enduit intermédiaires.

La plupart du temps les isolations thermiques par l'extérieur sont recouvertes d'un enduit mince.

Dans le cas d'un simple encrassement, une remise en peinture peut suffire à redonner l'aspect souhaité pour quelques années.

Attention toutefois, l'enduit de finition doit être parfaitement adhérent à son support. Dans le cas inverse, des finitions même d'apparence acceptable peuvent se dégradert rapidement après la remise en peinture.

Dans le cas de dégradations en profondeur des couches d'enduit intermédiaires, l'on procéde au pelage complet du système isolant en place et au remplacement à l'identique de la finition.

L'on peut aussi dans ce cas recouvrir le complexe isolant d'un bardage afin de changer complètement l'aspect extérieur de la façade et lui donner un coup de jeune.

Dans le cas d'un complexe isolant dégradé ou non adhérent, il convient d'en comprende la raison et de s'assurer que l'isolation thermique par l'extérieur n'est pas responsable de dégradations intérieures (murs humides, zones ponctuelles de condensation liées à la présence de ponts thermiques, etc.).

Le remplacement total du complexe isolant sera l'occasion d'améliorer ses performances énergétiques, diminuer le nombre de ponts thermiques, repenser les ventilations intérieures, profiter des avancées technologiques dans ce domaine et enfin repenser son aspect final.

Le cabinet d'architecture Remy possède une grande expertise dans ce domaine : son diagnostic intitial s'appuie sur son expérience ainsi que des appareils performants tels que la caméra thermique, l'humidimètre, l'hygromètre et le thermomètre de surface qui calcule le point de rosée.

18) Ravalement d'une façade recouverte de pâte de verre

Les façades en béton recouvertes de pâte de verre sont représentatives des années 60.

Ce système n'est pas étanche mais protège malgré tout le mur contre les intempéries.

La petite taille des carreaux et le nombre important de joints donne à ce type de revêtement une grande élasticité qui lui permet la plupart du temps d'absorber les dilatations du voile béton.

La pâte de verre est donc non seulement une solution technique avantageuse pour le bâtiment mais elle a en plus une valeur patrimoniale puisque'elle affirme l'identité et la personnalité de l'immeuble.

Aujourd'hui, de nombreuses façades recouvertes de pâte de verre se dégradent compte tenu de leurs âges.

Les symptomes varient du simple encrassement au décollement des carreaux de pâte de verre individuellement ou par plaque.

Avant d'envisager une solution, il convient de mesurer l'importance des désordres et de chercher l'origine.

Si l'objectif est de conserver la pâte de verre, il convient de procéder aux réparations dès les premiers symptômes car trouver des carreaux parfaitement identiques est quasiment impossible de nos jours et des raccords avec des carreaux approchants est esthétiquement acceptable uniquement de manière isolés.

L'architecte est le mieux placé pour effectuer ce diagnostic, envisager avec son client différentes solutions (réparation, retrait, recouvrement..), conseiller le maître d'ouvrage dans le choix de l'entreprise et mener à bien les travaux.

19) Ravalement d'une façade en pans de bois

Le ravalement des façades en pans de bois est de loin le plus déliquat surtout si les pans de bois sont recouverts d'un enduit.

L'état des pans de bois qui composent la façade est en effet un élément essentiel à connaître pour définir le mode opératoire du ravalement et maîtriser son enveloppe budgétaire.

Il est conseillé d'effectuer avant le ravalement une campagne de sondages pour déterminer l'état de la structure en bois cependant ces campagnes sont coûteuses et non exhaustives.

Dans le cas de bois en mauvais état, il est indispensable de procéder au remplacement ou à la réparation des éléments dégradés.

De grands progrès ont été réalisés dans ce domaine ces dernières années grâce à l'émergence de résines de réparation multi-composants qui permettent de restaurer et de renforcer les bois en place.

Cependant si les bois dégradés sont nombreux, leurs réparations risquent de coûter plus chères que le ravalement lui-même.

Une fois la structure rénovée, il conviendra de la laisser respirer, soit en laissant les pans de bois à l'air libre après traitement soit en appliquant un enduit respirant.

Dans le dernier cas, les pans de bois et l'enduit devront être désolidarisés afin que les dilatations différentielles entre ces deux matériaux ne provoquent pas de dégâts sur la façade.

Il convient autant que possible d'éviter de plâtre pour le remplissage des pans de bois ou l'application de l'enduit car ce matériau a la faculté de garder longtemps l'humidité ce qui accélère la dégradation des pans de bois.

20) Végétalisation d'une façade

Les avantages des façades végétales ne sont pas négligeables (esthétique, attractivité, isolation thermique et acoustique, protection des parois et réduction de la pollution urbaine) mais le coût de son entretien est souvent dissuasif.

L'isolation thermique est assurée par la mise à l'ombre de la façade, par sa lame d'air ventilée et aussi par par le phénomène d'évapotranspiration des végétaux qui sert à réguler naturellement la température des plantes en raffraichissant l'air ambiant à proximité immédiate des feuilles.

L'entretien des murs végétalisés est plus contraignant que celui des espaces végétaux au sol puisqu'il est nécessaire d'effectuer de 2 à 6 visites techniques par an et ce dans le but de désherber, tailler, traiter, remplacer les végétaux en mauvais état, assurer la maintenance du système d'arrosage au goutte à goutte et inspecter le tissu de support.

Si le mur est haut, sa maintenance nécessitera la présence d'une nacelle.

Au coût de la maintenance, il convient d'ajouter le coût de l'arrosage (environ 200 à 250 litres d'eau par mètre carré par an en île de France).

Dans le bâtiment, les systèmes les plus simples sont souvent les plus efficaces, il est donc conseillé de réaliser des parements végétaux seulement lorsque l'image qu'ils véhiculent valorise symboliquement et de manière forte l'activité intérieure du bâtiment (par exemple lorsque les bâtiments sont occupés par des entreprises spécialisées dans les domaines de l'écologie, l'entretien des espaces verts, etc.).

En outre les façades végétalisées ne bénéficient pas de la garantie décennale.

21) Bibliographie

Le ravalement
François Virolleaud & Maurice Laurent
Editions Le Moniteur 2011
 
Façades en pierre
Cated 2015
 
Le ravalement de façade
Gilbert Vallière
Editions Eyrolles 1998
 
Rénovation des façades, guide à l'usage des professionnels
 Editions Eyrolles 2013
 
Le nettoyage des bétons anciens
Guide des techniques et aide à la décision
Les Cahiers techniques du cercle des partenaires du patrimoine n°4 2009
 
Réhabilitation du béton armé dégradé par la corrosion
AFGC et Cefracor 2003
www.concretecorrosion.net
 
 Le béton et les monuments historiques
Monumental n°16
Editions du patrimoine 1997
 
 Les altérations visibles du béton
Définitions et aide au diagnostic
Cahiers techniques du cercle des partenaires du patrimoine n°1 1996
Migration Joomla effectuée par HOB France Services